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Métisse de père malien (Tombouctou) et de mère française (Normande), je suis née le 22 juillet 1954 à Paris, 14ème arrondissement. Enfant adoptée un an après ma naissance, ma première identité disparaît. Elle me fut révélée plus tard par ma mère adoptive qui ne me cacha rien dès que j’ai pu être en âge de la questionner.
J’ai donc appris avec horreur que ma mère biologique se trouvait dans la rue au moment de ma naissance dans la plus extrême des pauvretés.
J’ai ressenti très tôt son absence viscéralement. Enfant, j’étais souvent seule et me sentait seule tout le temps. Cependant ma petite enfance fut heureuse auprès de mes parents adoptifs.
A l’adolescence, je décidais de rechercher cette mère mystérieuse dont on ne voulait plus me parler en me promettant que dès que je la retrouverai, je partagerai le gîte et le couvert en sa compagnie.
A vingt ans, coup de foudre lorsque je rencontre celui qui deviendra mon mari. Nous avons formé un foyer de trois enfants, un garçon et deux filles. Aujourd’hui nous sommes mariés depuis 32 ans. Entourée d’amour et de tendresse et de compréhension par celui avec qui j’ai fait ma vie, j’ai pu me reconstruire et m’épanouir. J’ai aujourd’hui une vie harmonieuse et équilibrée. Mes plaies se sont enfin refermées.
Cependant, je ne me suis jamais résolue à faire tomber dans l’oubli cette mère qui n’a jamais eu l’occasion de me connaître et de connaître ses petits-enfants. Pour moi ce n’était pas juste. J’ai donc fait des recherches qui ont duré plus de trente ans et c’est étape par étape, en questionnant, en me rendant sur place, dans les endroits où elle est passée. Déployant d’énormes efforts d’investigation puisque les services sociaux pendant longtemps ne divulguaient aucune information. J’ai dû, seule, mettre en place de véritables enquêtes qui m’ont mené à décider de dédier à celle qui m’a donné la vie et qui s’est sacrifiée pour que je survive un livre. Son livre.
Si vous êtes nombreux à lire ce récit, c’est que j’aurais réussi à sortir Marie de l’anonymat.
Danièle Lony |