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  ISBN 2748194802 (Ed. Le Manuscrit)

 SEP'a ma faute, c'est la sienne... (SEP pour Sclérose En Plaques)

 Ce 2em livre est un récit intime de 5 mois de ma vie, où je parle évidement de la maladie, insidieuse, qui me nargue tous les jours,  mais aussi de mes activités avec les artsgricultrices Limousines et de l'aventure extraordinaire que j'ai vécue lors du tournage du film documentaire "Laurence, femme de paysan" pour le CRDP Limousin et le ministère de l'agriculture...
(voir la rubrique "l'évolution des femmes rurales" sur mon site...)

 Quelques extraits de chaque chapitre du livre :


Ø Prologue

Pourquoi écrire ce deuxième livre ?
Simplement pour continuer de parler de ma SEP ( Sclérose en plaques ), de sa sordide évolution, et surtout me faire du bien moralement.
Le plus important étant le fait que j’ai de plus en plus de mal à écrire au stylo ou à l’ordinateur, je veux donc laisser trace de ma vie, de mes souffrances, mon témoignage sur ce mal incurable encore de nos jours, avant d’en devenir incapable.
Je vois l’échéance fatale arriver très rapidement…

Ø Mon journal de bord

Ma SEP continue sa progression et ses ravages ; faire « pipi » la nuit au lit comme un bébé, j’en pleure… je n’ai même plus le temps d’arriver sur mon siège de chambre !
Jusqu’où ira-t-elle ? jusqu’où va-t-elle me détruire ?
Une fois de plus mon stylo et mon ordinateur deviennent mes confidents, les journées sont si longues seule, les hommes étant au travail, je me sens devenue un parasite…
Et voilà que je recommence à broyer du noir, ma dépression reprend le dessus comme tous les hivers !
Verrais-je un jour le bout du tunnel ?
Une petite voix me dit : « Allons Laurence, remues-toi, tu n’es pas encore grabataire, clouée au lit ni sous terre, ton mari et tes enfants ont encore besoin de toi, même si tu n’es pas au TOP ! »
Demain matin je serai « debout, levée » comme d’habitude, pour eux !

Mais voilà mon film du soir qui commence, je vais poser le stylo jusqu’aux prochaines confidences…

Ø Maux et poésie

Comme ce soir pour écrire ces quelques lignes…
Que cette main droite est lourde !
Elle doit se reposer pour demain, le groupe d’agricultrices du GVAF vient à la maison pour apprendre l’activité « collage de serviettes » que je maîtrise bien, si ma main est « absente » je ne pourrais pas leurs montrer grand chose…

A quand la fin de tous ces maux ?

Ø Moments de bonheur

L’éditeur m’a prévenu qu’il serait difficile d’avoir les livres pour les fêtes de Noël, je croise les doigts, j’aimerai tant pouvoir l’offrir à mon mari et mes enfants !
Mon secret enfin révélé, je serai soulagée, ce doit être le fait d’avoir écrit ce livre dans « la clandestinité » qui me ronge et j’ai peur de leurs réactions !
Pourtant tout ce que j’ai écrit je l’ai vécu, pendant plus de vingt-cinq ans, les moments qui m’ont la plus touchée, la plus émue, je me suis sentie libérée de mon histoire à laquelle personne ne croyait : une fille de la ville devenir paysanne en 1979, j’étais complètement « tordue » !

Et bien non je suis toujours avec mon paysan de mari et j’ai engendré deux paysans de plus !

Ce livre édité, suivi j’espère de celui-ci, va en étonné plus d’un, la paysanne est devenue écrivain, décidément elle vous aura tout fait hors normes celle-là !

Ø Mauvais souvenir

Promenade sur le pont……

Me voilà partie pour trois semaines de cure thermale, automne 2005, c’est ma première expérience, bien des désagréments concernant l’accessibilité de la ville, des logements ou des thermes… mais bon j’y suis, j’y reste !

Ø Péripéties journalières

Atelier d’écriture du vendredi :

Les yeux bandés, respirer les odeurs de produits alimentaires contenus dans de petites fioles et décrire ce que nous ressentons pour chacune d’elles, voir même découvrir le condiment en question…
Et bien croyez moi, ce n’est pas si facile que ça en a l’air, j’ai pu décrire mes sensations mais je fus bien incapable de découvrir le contenu des fioles pourtant simple et utilisé tous les jours en cuisine…
Huile d’olive, cumin, miel, fleur d’oranger…
Un bel après-midi entre copines où nous avons bien ri et partagé nos savoirs…

Ø Vacances en Espagne

Lundi soir j’ai voulu prendre un bain dans la baignoire ( chambre pour handicapés, ils mettent des baignoires, pratique ! ), ce fût l’horreur pour en ressortir, je glissais, je n’arrivais pas à attraper les barres, mais j’ai pu me laver les cheveux, je n’y retournerais sans doute qu’en utilisant la partie douche et encore il faut enjamber ce n’est pas très pratique… je flagelle sans arrêt !
Partir en vacances en étant handicapée n’est pas toujours évident …

De longues promenades le long de la mer, des souvenirs qui me hantent…
Alain et Nathalie allant à la piscine, je dois rester cloîtrée dans la chambre, je ne peux pas accéder à la piscine…
Mer, piscine, nage, c’est si loin tout ça ; jamais plus je ne pourrais me replonger dans les flots bleus…

Ø Fin d’année 2006

Ce soir le lit m’a tendu ses grands bras dès vingt heures !
M’allonger pour reposer mes jambes et mon dos qui me fait si mal depuis quelques temps…
Ecrire ces quelques lignes pour ne pas oublier, demain je n’aurai sans doute pas écrit les mêmes mots…
Après une bonne nuit, reprendre doucement le train-train d’avant les vacances, tout a été si vite, je suis mieux fatiguée, plus lasse qu’avant ma semaine de repos tant attendue !
c’est quand même ironique le temps qui passe…
Bien me reposer avant le trente et un décembre où nous devons réveillonner chez nos « anglais » et le premier janvier nous devons aller chez le copain de Sandrine, Sébastien, afin de rencontrer sa famille que nous ne connaissons pas encore malgré qu’ils se fréquentent depuis plus de trois ans maintenant…
Allez ma main ne veut plus écrire, à bientôt donc pour d’autres nouvelles !
Froid, gelées blanches, grisaille, brouillard valsent en cette fin d’année 2006…

Ø 2007 et ses débuts

Sur certains forums d’Internet, spécialisés SEP, certains malades précisent que pour eux la maladie est leur amie !
Comment est-ce possible ?
J’ai du mal à imaginer que CELLE qui m’a empêché de réaliser mes projets, de vivre pleinement depuis six ans ma vie de famille, mon travail, puisse devenir mon amie ! Pour moi elle restera toujours l’ennemie à combattre…
Par l’écriture, puisque physiquement je ne me sens plus capable de réagir objectivement !
Les enfants ne sont toujours pas rentrés, il est vingt-deux heures trente !
Alain vient se coucher, nous commençons à sombrer dans les bras de Morphée, soudain j’entends le portable de mon mari qui sonne, il se précipite, je n’entends que le mot ACCIDENT…

Ø L’agriculture moderne et ses contraintes

Mon mari souhaite que je parle de l’agriculture actuelle, je vais essayer ; mais ne travaillant plus dans ce monde, je ne le vis plus qu’avec un œil, la maladie m’empêchant toute activité normale, en fauteuil je ne peux pas aller voir les belles vaches Limousines de notre fils soit dans son nouveau bâtiment, soit dans les prés…
Je n’ai plus que les journaux spécialisés pour me tenir informée, ou les commentaires de mes trois hommes, mais ceux-ci ne me permettent pas de rester objective, je n’ai pas assez d’éléments pour comparer, étudier, vivre pleinement l’agriculture du XXIe siècle !
Ma vie professionnelle c’est arrêtée à l’aube de ce siècle, en pleine croissance !
L’agriculture, mais peut-on toujours parler d’agriculture ? je ne le crois pas !

Ø Pensées, mots, maux 2007…

Pendant que j’écris Alain est au téléphone avec nos amis de Dinan ; nous les avions connus il y a vingt-deux ans lors de quelques jours de vacances passés à Grasse en VVF, à l’époque nous étions en Haute-Loire sur notre petite ferme… et pour rentrer chez eux ils s’étaient arrêtés chez nous, cela leur avait permis de couper le trajet trop long…
Depuis ce temps nous sommes restés en contact ; l’an dernier Annie m’a téléphoné affolée, Pascal était tombé du toit de sa stabulation ! ils l’ont retrouvé couché à côté du tracteur le corps en hypothermie !
Après quelques jours de coma, plusieurs mois d’hospitalisations, de la rééducation, le voilà de retour sur sa ferme un peu moins apte, mais vivant c’est le principal !
Ces agriculteurs, ils veulent tout faire par eux-mêmes, tous les travaux d’entretien même les toitures !
Combien de fois ai-je tremblé pour mon homme… !
L’âge et ses inconvénients vont bien les ralentir, ils n’ont plus la souplesse de leurs vingt ans !

Ø Mes débuts de « star »

Morte, lapidée, éreintée mais heureuse !
Ce matin j’étais tellement nerveuse de ce qui allait se passer dans la journée que je me suis levée plus tôt que d’habitude ! j’ai préparé le repas de midi en avance sachant déjà que nous serions six à table ; à dix heures trente le réalisateur et son collègue sont arrivés bravant la neige et le verglas, un vent glacial balayait la cour, la neige des toits tourbillonnait, je me retrouvai projetée trente ans en arrière en auvergne…
Nous décidâmes malgré tout d’aller faire les prises de vues extérieures le matin sur la ferme de Guillaume, l’après-midi sera consacrée à l’interview et à la partie comptable !
Nous avons donc fait un film des limousines dans le bâtiment, moi passant devant les cornadis en fauteuil manuel, les pauvres elles avaient peur, elles me voient si peu ! puis nous sommes partis sur notre ferme de cent vingt hectares, siège social de l’exploitation, là où je vivais jusqu’en 2003 ; le réalisateur tenait à filmer l’endroit où m’était venue l’inspiration pour l’écriture de mes poèmes !

Ø Romancière en herbe ?

Et voilà que ce matin m’a pris l’idée saugrenue, en fait pas si saugrenue que ça, d’écrire un roman en m’inspirant de mon vécu ! je suis donc occupée sur deux manuscrits différents !
N’est-ce pas trop demander à mon petit cerveau ? on verra bien si celui-ci explose avant l’heure…
Je continue ce manuscrit intimiste en le tenant à jour le plus régulièrement possible ; l’autre sera donc un roman sur ma vie ; je reprends mon vécu quotidien et je le transforme en « invention » ; je ne sais vraiment pas où je vais mais je crois en ce projet, alors je le poursuivrai jusqu’à la fin, si il est retenu par un éditeur, j’aurai réussi mon pari et me serai découvert un don de « romancière » !

Ø Déceptions et déchirures

Retour à la maison vers dix-huit heures trente avec ma fille qui m’annonce le pourquoi exact de sa
« liberté » d’un soir !
Ma maman est décédée !!!

Ø Le retour à la vie normale

Voilà déjà une semaine de passée depuis le décès de maman !
Demain matin sera dur pour moi, j’attendrai comme chaque samedi son appel, qui ne viendra pas…
Dimanche c’est la fête des grands-mères, nous n’en avons plus !
Je ne lui enverrai plus le bouquet ou la plante choisis sur le net comme chaque année !
Ces jours-ci je reçois la publicité de la boutique où je commandais régulièrement, je n’y réponds pas… triste !
Demain ouverture du salon de l’agriculture, un événement incontournable chaque année en mars pour notre profession ! tout le monde s’affaire à préparer ses bêtes, à présenter son stand…
Les petits parisiens vont connaître un moment d’évasion campagnard !

Ø Epilogue

La SEP où le « Sourire Est Permis » de temps en temps…
Je souhaite qu’elle m’oublie un peu et me laisse vivre !
Je perds doucement un peu de moi ; les sorties sont moins fréquentes, il n’y a plus de veillées tardives, ce sont des deuils quotidiens, des renoncements successifs sur la vie…
Je perds mes forces, mon avenir perd de sa visibilité mais je vis le présent avec plus de courage !
Mon existence est limitée mais je vis des rencontres, des expériences, des sensations que seuls les mots peuvent décrirent ;
L’écriture est ma thérapie !

                                                                               

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Laurence (ses oeuvres - suite)