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Auteurs, Livres et Dialogues
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Laurence Neige
Laurence Neige est née à Paris un 15 décembre. Elle est responsable de projets informatiques et partage son temps libre entre l’écriture, la musique et le site de Christophe Miossec, qu’elle a créé et anime avec passion (www.christophemiossec.com).
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« Nada, presque rien »
EXTRAIT II
Le réveil est brutal. Je m’arrache du sommeil avec un sentiment d’urgence, je pousse un cri, ma bouche est pâteuse, j’ai mal à la tête. La lumière crue du jour me blesse violemment les yeux. Les bruits qui me parviennent de la rue m’indiquent que la journée est déjà bien avancée. J’ai du mal à émerger, je marche à tâtons jusqu’à la salle de bains. Je reste sous l’eau longtemps, puis je tourne les robinets pour terminer par une douche froide, ça me rafraîchit le corps et l’esprit, je me sens prête à passer à l’étape suivante. Je n’ai rien oublié de mes pensées de cette nuit. Tout me revient avec une clarté effrayante. En peignoir, pieds nus sur le carrelage de la cuisine, je me sers une tasse de café. Mes cheveux mouillés s’égouttent en formant des petites flaques mais les problèmes d’intendance ne me concernent plus, je suis déjà ailleurs. La tasse à la main, je fais le tour de l’appartement. Pièce par pièce, je regarde d’un œil indifférent les objets qui constituent mon univers. J’ouvre les deux battants de la penderie et je m’assois sur le lit. Qu’est-ce qu’on emporte quand on s’en va ?
EXTRAIT III
Je roule un moment avec les feux de détresse, je ne force pas l’allure, mais aucun bruit suspect ne venant heurter mes sensibles tympans, je finis par les éteindre et reprendre ma vitesse de croisière. Je dépasse encore quelques patelins. La pluie recommence à tomber, d’abord quelques gouttes prometteuses, puis le déluge. Même les essuie-glaces à fond, je ne distingue plus la route. Je ralentis pour me garer sur ce qui me semble être le bas-côté. Je n’éteins pas le moteur et laisse mes phares allumer. Un camion passe à vive allure. Aspirée, ma voiture se déplace un peu, je m’agrippe au volant. La pluie tambourine sur la carrosserie tout autour de moi, j’allume la radio à fond pour ne plus l’entendre. Trois chansons et deux pages de pub plus loin, l’averse se calme. Un bonheur n’arrivant jamais seul, deux motards se garent devant moi. Je pousse le clignotant avant de déboîter, mais un des motards me fait signe de ne pas bouger. Il s’approche. Je descends ma vitre. Contrôle, papiers. D’accord. Je fouille dans mon sac. Il me demande de couper le moteur. Je coupe la radio. Il insiste pour que je coupe le moteur. J’insiste pour ne pas le faire. J’essaye de lui expliquer pourquoi, mais il entend seulement que je roule dans un véhicule en panne et dangereux. Il jette un coup d’œil à ma carte grise. Le contrôle technique n’est plus valide depuis plusieurs semaines. Ah bon… ? ! ? Je sors de la voiture, claque la portière d’un geste rageur. J’évite de croiser son regard pour qu’il ne lise pas dans le mien des trucs qui lui permettraient de m’emmener au poste sans regret. Il me demande si j’ai une idée du danger que je fais courir à tout le monde en roulant dans ce véhicule, et parce que la santé du peuple français lui tient vraiment à cœur, il décide de l’immobiliser et de garder ma carte grise et mes clés. Je serre les lèvres pour ne pas devenir foutrement insultante. Je regarde ailleurs. Je m’écrase. L’averse reprend. J’attends que les deux motards aient disparu à l’horizon pour sortir mon double des clés et essayer de redémarrer, mais je sais que c’est peine perdue. Je fais un dernier essai en pompant sur l’accélérateur, puis je renonce. Je me sers d’un rouge à lèvres pour écrire ÉPAVE sur le pare-brise, puis laisse mon tube bien en évidence sur le tableau de bord, le bâton rouge sortit, c’est ma façon de brandir le majeur et de crier : « Allez tous vous faire foutre ! ». Je rassemble mes affaires et m’éloigne sans me retourner.
EXTRAIT IV
Je lève le pouce à chaque voiture qui passe. Je marche pendant plusieurs kilomètres avant qu’un chauffeur ne me prenne en pitié et s’arrête. Je cours pour le rejoindre, ouvre la portière côté passager et monte. Je suis contente de ne plus avoir à marcher. La voiture redémarre. Le type me demande où je vais. Je lui nomme la ville la plus proche. Il dit « moi aussi ». Je dis « parfait » et je tourne la tête vers lui pour le remercier. Mauvaise pioche. Il a la braguette ouverte et est en train de se masturber tranquillement. Il conduit de l’autre main et regarde la route comme si tout était normal. Je détourne les yeux vers l’extérieur. On est en rase campagne sur une petite route déserte et si étroite que parfois des branches viennent fouetter la voiture. Mon cerveau fonctionne à toute vitesse. Et si le type s’arrête ici, qui m’entendra crier ? Je n’ose plus le regarder. La main agrippée à la portière, je me demande si je suis capable de sauter en marche. Je regarde le loquet pour m’assurer qu’il est ouvert. Je suis terrorisée et je ne sais pas quoi faire. Qu’est-ce que je fous là sur cette route de campagne de merde à côté de ce pervers ? Est-ce que je n’étais pas bien à Paris ? Des images de corps ensanglantés me traversent l’esprit. Je vois mon corps sans vie dans un fossé, des insectes qui m’escaladent pour élire domicile dans une de mes oreilles. Je songe aux disparitions évoquées dans les journaux télévisés, est-ce que ça commence comme ça ? J’ai une nouvelle quinte de toux. La voiture ralentit, on arrive à une intersection. J’aperçois une maison, de la lumière à une fenêtre. J’ouvre la portière et saute. Je perds un peu l’équilibre, me tords la cheville, mais je me redresse et cours en direction de la maison. J’entends une porte claquer, j’ai peur qu’il ne me suive. Je lance un regard affolé derrière mon épaule mais c’est ma portière qu’il a refermée. La voiture reste à l’arrêt quelques secondes, il hésite, puis redémarre. Il s’éloigne sur la grande route et disparaît de mon champ de vision. Je ne suis plus qu’à quelques mètres de la maison. J’arrête de courir et m’appuie contre un arbre pour reprendre mon souffle. J’ai l’impression de l’avoir échappé belle, qu’un peu plus et ma vie ne m’appartenait plus. Je m’enfonce dans les broussailles pour ne plus être visible du carrefour. Dans la maison, une autre fenêtre vient de s’allumer. Je n’irai pas sonner. J’ai trop peur de tomber sur une famille de dingues.
EXTRAIT V
J’entre avec l’impression diffuse que je vais gâcher le tableau, sa lumière, ses couleurs, son équilibre. Au-dessus de ma tête, le bruit cristallin d’un carillon accompagne mes premiers pas. Une nouvelle quinte de toux m’empêche de dire quoi que ce soit. Du coin de l’œil, je discerne un homme assis à une table, la femme devait lui parler, en tout cas maintenant tout le monde se tait. Ils me détaillent de la tête aux pieds. Ma crise de toux s’arrête, je suis vidée. La lumière n’est pas forte, mais je bats des paupières, mes yeux sont brûlants. Je voudrais me débarrasser de mon sac mais ça me semble un effort insurmontable. Je regarde la femme devant moi sans être capable de faire un geste. J’ai l’impression d’avoir tout donné pour me traîner jusqu’ici et je ne peux plus faire un pas. Elle lâche son torchon et fait le tour du comptoir pour se rapprocher de moi. Ma vue se brouille, les côtés s’assombrissent et je la vois comme au fond d’un couloir, elle avance vers moi, mais on dirait qu’elle s’éloigne. Je ferme les yeux. Je l’entends dire : « Eh ! Elle va tomber » et les pieds d’une chaise qui crissent sur le carrelage. Je sens qu’on me saisit par le bras, mais je glisse, je pèse une tonne, personne ne peut rien pour moi, laissez-moi tomber. Puis d’autres mains me rattrapent, je me sens soutenue, je m’abandonne.
EXTRAIT VI
— Vous faites quoi comme travail ? — Euh… je travaille dans une boutique… une boutique de livres… une librairie quoi… Avec les mensonges, j’ai une fâcheuse tendance à m’embourber, j’accumule les bourdes et je ne sais plus comment m’en sortir. Pourquoi je ne lui dis pas tout simplement que j’ai fui le domicile conjugal, que c’était devenu invivable… ? Rose me sourit, elle me lance un regard d’intelligence. Elle sait que je mens, alors je n’ai plus vraiment l’impression de mentir, mais je n’en rajoute pas. J’essaye de sauver la situation : — Enfin là maintenant, je n’ai plus de travail… — Vous alliez où ? — À la mer. — À pied ? — Ma voiture est tombée en panne. — Il y a un garage juste en face. — C’est trop tard, elle est morte… Vous ne m’avez pas répondu pour le prix de la chambre… et le médecin… et les médicaments… — Que de dettes ! plaisante Rose. Vous cherchez du travail ? — Je ne sais pas… Je suppose que oui… — Vous avez déjà travaillé dans un hôtel ou dans un bar ? Je commence à voir où elle veut en venir. Ça existe des gens comme ça, prêts à me faire confiance sans me connaître mais ça c’est peut-être un point en ma faveur ? J’ai tellement peur de louper le coche que je panique, mon cœur s’accélère, qu’est-ce que je dois faire ? Me vanter ? Comment ? Je ne peux pas mentir à cette femme qui me tend la main : — Pas vraiment. — C’est à dire… ? — Où je vivais avant, je m’occupais du ménage, de la cuisine, de toute l’intendance quoi … pour plusieurs personnes… Là ce n’est plus du domaine du mensonge, plutôt de l’affabulation. Je lui décris la vie de couple à ma façon. J’essaye de marquer des points. — Qu’est-ce que vous savez faire exactement ? — Tout… servir… le ménage… la cuisine… J’ajoute des notions de comptabilité pour tenter de gagner le bonus de dix mille points. J’évite d’évoquer une leçon de secourisme quand j’avais douze ans parce que là je risquerais de tilter et de tout perdre d’un coup. Rose me regarde, on dirait qu’elle me soupèse, ça me met un peu mal à l’aise, je commence à gigoter sur le tabouret. — Ça vous dirait de passer un moment parmi nous ?
EXTRAIT VII
Le café de Rose devient un décor où je prends doucement mes marques, je m’y sens à l’abri. J’apprends vite à reconnaître les habitués. Elle les appelle ses fidèles, comme à l’église, et c’est vrai qu’il y a quelque chose de rituel dans leur façon d’arriver à la même heure chaque jour, en prononçant les mêmes paroles, de s’accouder au bar toujours au même endroit dans la même attitude et de commander le même verre. L’heure de pointe commence vers dix-sept heures. Ils débarquent un peu tous en même temps et s’attardent longtemps, parfois Rose doit même leur indiquer la sortie. En général, elle descend le rideau de fer vers vingt-deux heures, les quelques clients qui restent partent un par un en passant par la petite porte sur le côté. César et Paulus sont souvent les derniers à partir. Premiers arrivés, derniers partis, et entre temps de nombreux aller-retour avec leur garage, faut dire qu’ils n’ont que la rue à traverser ! César vient plutôt pour discuter, pour voir Rose, je le soupçonne d’avoir un petit béguin pour elle. Paulus c’est plus sérieux, il vient consommer. Tout le monde adore Rose, je m’en rends compte très vite. C’est une femme généreuse, débordante d’amour. Je la suis comme un toutou pour avoir ma part, c’est gratuit et elle ne demande rien en échange. En quelques jours, j’ai fait le tour de ses clients les plus assidus. Il y en a bien deux ou trois qui s’obstinent à m’appeler Nadia mais dans l’ensemble ça se passe bien. Il y a l’équipe des joueurs de 421. Ils se rejoignent ici après le boulot, ils sont cinq. Ils réclament le plateau de jeu, les dés et font une première partie au comptoir, comme ça, pour s’échauffer en attendant d’être au complet. Ensuite ils s’installent autour d’une table, commandent l’apéro et passent aux choses sérieuses. À compter de leur second verre, j’essaye de garder mes distances. Rose sait les remettre à leur place, moi pas. Je rougis sous leurs vannes vaseuses. Le plus jeune d’entre eux s’appelle Jacky, je crois qu’il me drague. Chaque fois qu’il entre dans le café, ses yeux font le tour de la pièce jusqu’à ce qu’il me trouve, c’est plutôt flatteur, dommage qu’il ne me plaise pas. Il a une grosse chevalière à la main droite qui me rappelle mon mari, alors il n’a aucune chance. Simon passe la plupart de son temps à écrire, souvent la nuit mais la journée aussi. On dirait qu’il fait les trois huit, mais d’un bloc, sans s’arrêter. Son horloge interne doit être complètement déglinguée. J’évite de m’approcher de lui. La dualité ressentie à notre première rencontre s’accroît. Il est à la fois omniprésent et invisible. Je n’apprends pas à le connaître mais Rose a raison, je m’habitue à sa présence et à ses silences, à sa façon d’être là sans être là. Quand il lève le nez de ses feuilles, il ne devient pas pour autant affable, il observe de loin les gens, la rue, les voitures qui s’arrêtent chez César et Paulus. Peut-être qu’il ne voit rien, en fait c’est difficile à dire, il se conduit comme s’il avait monté un mur autour de lui, brique après brique.
EXTRAIT VIII
Bien sûr que je suis déjà venue à Arles. Pas physiquement. Mais j’ai tellement fouillé la période où Vincent y a résidé que je connais cet endroit. 1888-1889, j’avais étudié cette partie de sa vie avec minutie, j’avais tout lu, tout vu. Je pouvais citer de mémoire n’importe quel tableau et le décrire. J’avais squatté la bibliothèque de mon quartier des mercredis entiers. J’avais dévoré la correspondance qu’il avait échangée avec son frère Théo. J’avais tellement travaillé mon sujet que le jour de l’exposé, c’était comme si j’évoquais quelqu’un de proche, un ami, un parent. C’était ça cette impression de flou tout à l’heure ? Maintenant je suis dans le net. Je ne suis jamais venue, mais Arles je connais ! Alors pourquoi cette angoisse ? J’avais adoré préparer cet exposé, ce fut le meilleur moment de ma vie scolaire, une période où je n’avançais plus seule, j’avais un grand frère qui veillait dans l’ombre. Ça correspondait aussi au moment où j’avais commencé à me mettre sur le côté, à ne plus vouloir me mêler aux autres, par pur instinct de survie. C’était vraiment curieux cette intimité avec Vincent. Je l’aimais parce qu’il était malheureux et seul. J’avais l’impression de l’entendre hurler sa souffrance et de pouvoir y répondre. À mesure que les souvenirs jaillissent, des bribes de lettres me reviennent en mémoire, des phrases entières écrites par Vincent que je ne pensais pas avoir conservées. Du coup mon cœur s’emballe, je suis excitée à l’idée d’être ici. Arles ! Je veux tout voir, la place Lamartine et celle du Forum, le pont Langlois et le quai du Rhône… Ma présence dans cette ville devient une évidence, comme si ces dernières semaines n’avaient qu’un but : m’entraîner jusqu’ici. Rien ne s’enchaîne plus par hasard, tout a une raison d’être, tout s’explique. Je guette le serveur, lui fais signe dès qu’il entre dans mon champ de vision. J’ai hâte de lever le camp, un ancien amoureux à retrouver.
EXTRAIT IX
J’avais pris l’habitude de dessiner chaque soir, mais là je dois me rendre à l’évidence : avec l’entaille qui me barre la paume, dessiner est une torture. Je tente de rester positive, forcément la douleur sera moins vive demain, mais après toutes ces années, je perçois ce nouvel arrêt imposé comme une punition… des erreurs à payer… un châtiment divin… quoique j’en sois la seule responsable et qu’il n’y ait rien de divin en moi… j’en ai bien conscience ! ! Je ne me résous pas à me coucher, je tourne en rond en jetant des regards navrés à mon carnet de croquis. L’espace d’un instant j’envie ce veinard de Simon… Il est gaucher. Du coup j’ai une pensée pour son roman qui m’attend dans le deuxième tiroir de la commode. Tourner des pages devrait être à la portée de ma main droite.
EXTRAIT X
— C’est quoi ? Je me tourne vers César, il est penché au-dessus du comptoir, il regarde mon croquis, le carnet grand ouvert sur le tabouret. Je deviens écarlate, je me frotte le front en fronçant les sourcils. — C’est rien… — C’est toi qui as dessiné ça ? insiste César. Je me rends compte que je ne supporterais pas une seule raillerie venant de l’un d’entre eux. Je referme mon carnet. J’ai envie de m’asseoir dessus pour que personne n’y touche. — Tu dessines bien… constate César. Je respire à nouveau. — C’est pas fini, j’ajoute. — Fais voir… dit Paulus. Je n’ai pas vu. — C’est pas fini… je répète, il semble que ce soit ma nouvelle phrase fétiche. Je sers son café à Simon, lui rapproche le sucrier. — Il ne manque que nous… ! ! ! explique César. Il a reconnu ce que j’ai dessiné ! Je suis si contente, je pourrais lui sauter au cou et l’embrasser… — Pourquoi nous ? demande Paulus. C’est quoi ? — C’est nous… sans nous… lui répond César avec une logique vacillante. — Je ne sais pas dessiner ce qui respire. — Pourquoi… ? ? C’est pareil que ce qui ne respire pas… — Ben non… (je fais un geste vague pour exprimer mon incapacité) Je ne sais pas dessiner les corps, leurs attitudes… L’expression du mouvement, c’est difficile… Il faut être attentif à toutes les réactions musculaires qu’entraîne le moindre geste… Je m’anime à parler du dessin, comme si je n’attendais que ça depuis des années. Simon pose son journal, touille son café en m’écoutant. Paulus pousse un peu son verre vide, je connais le signal. Je m’exécute sans arrêter de parler : — Par exemple dans ce geste tout con (je remplis son verre à la pompe) il y a ce muscle, là, dans mon avant-bras qui se tend à mesure que le verre se remplit, les doigts se crispent… le mouvement se répercute dans toute l’épaule… enfin bref pour saisir une attitude il faut la ressentir soi-même pour pouvoir guetter la réaction de chaque partie du corps, chaque muscle, chaque tendon… — C’est vrai que dit comme ça, ça a l’air compliqué ! constate César, Mais les habits… tu peux dessiner les habits… ? ! ? Je pose le verre devant Paulus qui commence à se dessécher. Je songe à ce que je viens de dire. Est-ce que j’ai des doutes sur ma capacité à me mettre à la place des autres… à ressentir ? ! ? — Et les couleurs ? ! ? ajoute César qui décidément se pose beaucoup de questions aujourd’hui. — Pardon ? ! ? — Les couleurs… T’en mets jamais… ? ? — Non… mes crayons sont en deuil.
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